Author: wpauserPk7EIJRn

Bayesian friend

La kétamine, chez moi, produit sans doute les trips les plus étranges. Je n’en rapporte jamais que des fragments de souvenirs. Ces fragments, toutefois, sont incroyablement riches. Ils disent du réel, de sa perception, de sa matière qui y est comme un sable liquide et qui possède toutes les fragilités de l’arbitraire. Le monde y est plein de courants d’air, la matière y semble faite de respirations discrètes et silencieuses. L’habitude y apparait par bribes, elle tient mais de justesse. Elle aussi y est pleine de trous et par lesquels le regard glisse et tout fini en bégaiements et en vertiges. Il y a des trous dans l’expérience et qui en deviennent le matériau. Plus d’une fois, pendant des k-holes, je me suis vu comme solidifié, lentement solidifié, dans d’autres pièces, d’autres lieux, des endroits incomplets et pourtant incroyablement riches, précis, matériels, remplis d’autres personnes et d’évènements présents, passés et futurs que je ne parviens pas à tout à fait comprendre. Le processus prend quelques secondes et me laisse toujours confus. Ces trous d’expérience deviennent l’expérience alors j’ai pris pour habitude d’y regarder mes mains. Je les regarde à la façon des arpenteurs de rêves lucides, pour vérifier, pour mesurer, comme ailleurs on regarderait un instrument. Elles ne sont alors jamais vraiment les miennes, elles sont trop petites, étranges, couvertes de tatouages qui vont à peine. Ce geste me permet de savoir ce qu’il y a à savoir à ces moments-là juste avant de retourner à un état qui ne connait pas les profondeurs émotionnelles de la panique. Un autre effet de l’expérience à de telles doses est un ralentissement important de mes capacités à voir. Le flux d’images devants mes yeux – je me permet cette écriture naïve tout en sachant un peu du fonctionnement d’un cerveau – semble subir une latence tout à fait similaire à celle observée devant un jeu vidéo que l’on imposerait à un ordinateur trop lent. Le matériel inadapté n’y produirait péniblement qu’une petite poignée d’images par secondes. Une succession d’arrêts alors que tout le reste continue. Ces saccades localisées aux appareils de la vision semblent valider, en parties au moins, les théories défendant l’idée d’un cerveau Bayésien héritées d’un Zeitgeist hanté par The Matrix et ChatGPT, une pop culture où tout serait computationnel et simulation. Il m’est difficile d’en rejeter complétement la justesse expérimentale. Dans les cas les plus extrêmes, le flux visuel est complétement figé. La musique n’est jamais affectée de cette manière. Le réel continue par elle, je le sais intimement. Je peux me le dire à moi-même depuis les pods de travail futuristes, alors indiscernables des mondanités du quotidien, où je me suis retrouvé comme brièvement solidifié, ou depuis mon fauteuil : ‘’Le musique continue, le réel continue’’. La musique continue et, pourtant, quand l’image fige, le temps n’existe plus. Des heures ? Quelques minutes ? Une éternité ? Sur le moment je n’en sais rien et si les effets dissociatifs de la kétamine et de la norkétamine ne donnaient pas à tout cela des airs de rêves, mon écriture serait bien différente.

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Ketamine induces, for me, the weirdest of all trips. I never bring back more than fragments of memory. These fragments, however, are incredibly rich. They speak of the real, of its perception, of its matter, which is there like a liquid sand, carrying all the fragilities of the arbitrary. The world there is full of drafts; matter seems made of quiet, silent breathings. Habit appears in snatches, holding on, but only just. It too is riddled with gaps through which the gaze slips and everything ends in stutterings and vertigos. There are holes in the experience that become its very material. More than once, during k-holes, I have found myself solidified, slowly solidified, in other rooms, other places: incomplete yet incredibly rich, precise, material spaces, filled with other people and with events present, past and future that I cannot quite grasp. The process takes a few seconds and always leaves me confused. These holes in experience become the experience itself, and so I have taken to looking at my hands there. I look at them the way lucid dream surveyors do, to verify, to measure, the way one might elsewhere consult an instrument. They are never quite mine: too small, strange, covered in tattoos that barely fit. This gesture allows me to know what there is to know in those moments, just before returning to a state that does not know the emotional depths of panic. Another effect of the experience at such doses is a significant slowing of my capacity to see. The flow of images before my eyes, and I allow myself this naive writing while knowing something of how a brain works, seems to undergo a latency quite similar to that observed in a video game forced to run on an old computer. The inadequate hardware would produce only a small handful of frames per second. A lagging succession of freezes while everything else keep going. These stutters, localized to the apparatuses of vision, seem to validate, at least in parts, the Bayesian brain theories. They inherited from a Zeitgeist haunted by The Matrix and ChatGPT, a pop culture in which everything would be computation and simulation. Yet I find it difficult to entirely reject their experimental accuracy. In the most extreme cases, the visual flow is completely frozen. Music is never affected. Never. Reality continues through it. I know this intimately. I can say it to myself from the futuristic work pods, then indistinguishable from the mundanities of daily life, where I have found myself briefly solidified, or from my armchair: “The music continues, the real continues.” The music continues and yet, when the image freezes, time no longer exists. Hours? A few minutes? An eternity? In the moment, I have no idea and if the dissociative effects of ketamine and norketamine did not lend all of this the quality of dreams, my writing would be different.

guide

Introduction

Ceci est un guide pratique des éléments nécessaire au bon déroulé d’un voyage sous LSD. Cet outil est voué a évoluer au fur et à mesure de la cartographie et à pour objectif de préparer au mieux voyageur débutant et sitter à une prise de LSD.

 

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Préparation en amont

Effet physiologique du LSD :

– Le LSD est un agoniste partiel des récepteurs de sérotonine 5-HT2A. En se fixant sur ces récepteurs, il modifie la transmission de l’influx nerveux dans le cortex préfrontal, entraînant une désorganisation de la perception sensorielle et une hyper-connectivité entre différentes aires cérébrales.

– Le LSD n’entraîne pas de lésions organiques ou de dommages neuronaux directs connus à des doses standards. Il ne crée pas de dépendance physique. Il n’y a pas de syndrome de sevrage à l’arrêt. La dépendance psychologique est particulièrement rare en raison de la nature intense de l’expérience qui n’incite généralement pas à une consommation quotidienne.

– L’expérience dure généralement entre 8 et 12 heures et se déroule en plusieurs phases :

– La montée (30 à 90 min) : Distorsions visuelles légères, euphorie ou anxiété naissante.

– Le plateau (3 à 5 heures) : Altération profonde des sens (synesthésie et idéasthésies exotiques : voir les sons, avoir une perception proprioceptive des concepts, modification de la perception du temps et de l’espace, et souvent une dissolution des frontières du “moi” (ego dissolution et ego death).

– La descente : Retour progressif à la réalité, souvent accompagné d’une grande fatigue mentale et d’un besoin de calme.

 

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Guide pratique

La Dose
Rien ne justifie une première prise à plus de 200µg. Au moins trois voyages doivent avoir été réalisé avant de tenter plus. A noter que les doses sont toujours soumises à une marge d’erreur, surtout avec le LSD liquide. Mieux vaut doser moins plutôt que de s’exposer à une dose héroïque involontaire. On peut prendre le LSD de deux façon : Les buvards ou les gouttes. ‘Small dose test the mind, large doses test the soul.’ Al Hubbard.

Buvard
Le buvard est le support privilégié pour les premières prises, il permet une montée (voir chronologie du trip) plus douce et donc une assimilation plus paisible des nouveaux éléments de perception.

Liquide
Le LSD sous sa forme liquide permet une montée (voir chronologie du trip) plus rapide. Elles doivent être évités pour des premiers trips. Les gouttes permettent d’explorer plus rapidement au prix d’une secousse de début de trip. L’intensité de la monté peut être un élément anxiogène chez les débutants.

Alimentation et Hydratation
L’alimentation et l’hydratation avant le trip est primordiale, on veux éviter un inconfort lié à la faim ou à la soif. Il est facile d’oublier ces besoins primaires lorsqu’on voyage.

Repos
Le voyage est une expérience fatigante psychologiquement et physiologiquement, être bien reposé tant par une bonne nuit, qu’un esprit tranquille, est important : si une nouvelle importante est survenue avant le voyage, il est plus prudent de le reporter.

 

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Consentement
Le consentement est essentiel. Un trip vaguement consenti sera un trip difficile. Un trip non consenti peut-être un cauchemar éveillé. Le LSD n’offre pas d’expérience récréative, chacun doit être conscient des implications d’un trip. C’est pourquoi il faut laisser une période tampon entre les premières conversations sur le LSD et le voyage lui même.

Voyager seul
Si l’expérience d’un voyage en solitaire semble séduisante, les virés seuls sont réservée à des voyageurs expérimentés, la présence d’un sitter est nécessaire pour guider les novices dans leurs premiers voyages.

Interaction avec le monde extérieur
Les bonnes ou les mauvaises nouvelles peuvent attendre, dans cet état, le voyageur n’est pas capable de prendre des décisions importantes. Le voyage doit être encadré dans une bulle neutre qui ne permet pas au monde extérieur d’intervenir. C’est pourquoi il est déconseillé de discuter avec des personnes extérieurs au trip par message et de prendre des décisions lourdes de conséquence pendant le trip et pendant les 48 heures qui suivent. En plus de protéger le voyageur, cette isolation permet une introspection sereine, à l’écart du brouhaha du monde extérieur.

 

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Le voyage

La Loop
Un élément centrale du voyage est la “Loop”, la boucle. Les Loop constitue les grands segments du trip. Chacun de ces segments va être constitué d’une association de sensation, de son, de perception de l’environnement, d’idée, de visuel qui vont être exploré sous une multiplicité d’angle avec ou sans synesthésie. Les boucles, bien qu’elles soient des endroits merveilleux d’exploration ont tendance à devenir des cercles vicieux ou vitreux. Les idées se confondent et ont tendance à avoir une porosité avec les visuels : si elles sont de fabuleuse vitrine de notre psychés, la visite de son soi intérieur est parfois difficile. Dans ce cas, se référé à la section (Sortir de la tempête)

Le fil d’Ariane
Les fils d’Ariane sont les éléments tangibles, constitutifs d’une Loop. Une musique en boucle permet au voyageur de suivre un fil et de se repérer dans une Loop, une vidéo courte en boucle peux aussi fonctionner (à explorer). Ces éléments permettent de marquer, avec des éléments tangible la chronologie d’une boucle et ainsi de limiter la perte des repaires temporaux.

Les ancres
Les ancres sont les éléments qui nous ramènes au réel, ce qui l’espace d’un bref instant nous chuchote la leçon la plus importante, tous ça n’est qu’un voyage et peu importe l’exaltation ou l’effroi que l’on peut ressentir, cet état n’est que passager. Pour certains les ancres permettent d’évaluer la montée du produit. Le téléphone peut être un outil pour certains pour évaluer le degré de puissance du trip. C’est un élément qui permet de se placer en spectateur de son voyage. C’est particulièrement utile en tant que sitter si la situation nécessite plus de lucidité.

 

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La chronologie du trip

La montée
La montée, comme son nom l’indique désigne cette période pendant laquelle le produit commence à agir (voir dosage). L’intensité de la montée est variable en fonction de la dose et du support utilisé. C’est une période critique du voyage car elle à tendance à sculpter le trip. En effet, le besoin de contrôle et les résistance sont des causes importantes de trip difficile. Il faut être prêt à accueillir sereinement. Cette étape nécessite un lâché prise et une posture humble. Il est conseiller de se laisser porter par les flots aussi tourmentés soient-ils.

Le plateau
Si les étapes précédentes ont-été respectées, il est temps d’explorer, le voyages sera divisé en Loop comme expliqué plus hauts, un changement de Loop agit comme (le truc à l’arrière des bateaux pour se diriger), (voir sortir de la tempête).

La redescente
Alors que les visuels disparaissent, la clarté mentale subsiste pendant quelques heures, c’est un moment parfait pour écrire et relativiser sur l’expérience, qu’elle était été paisible ou mouvementée. Après 10 à 15, les effets auront complétement disparus.

 

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La musique
La musique protège et guide. Elle est souvent le fil d’Ariane d’une boucle ce qui signifie qu’elle en est souvent l’architecture principale, changer la musique est alors souvent synonyme de changement . Le voyageur peut choisir de naviguer vers des eaux plus calme, même s’il est bon de rappeler que nous n’avons qu’un contrôle limité sur le navire.

Le lieu
Le lieu conditionne l’aspect visuel du trip, un lieu étroit, renfermé peut renforcer une sentiment de claustrophobie alors qu’un lieu aéré et lumineux peux permettre plus de quiétude pour le voyageur, comme la musique, le lieu peux être changeant et doit permettre aux voyageurs de s’extirper de situations complexes.

La temporalité
Bien que le sentiment d’un trip qui ne s’arrête jamais est commun, les sensations pendant le trip sont passagères ! Les hallucinations visuelles, sonores ne sont que passagères et on ne reste pas coincé dans un trip ! Il existe de rare cas dans lequel un trip peut réveiller des pathologie psychologique mais ces cas sont extrêmement rares.

 

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Et maintenant ?

Fatigue
Comme expliqué ci-dessus, un trip est fatiguant, les jours suivant seront marqué par la disparition progressives de la clarté mentale offerte par le voyage. Après une expérience aussi puissante, il est normal d’avoir besoin de repos dans les jours qui suivent.

Clarté mentale
La clarté mentale offerte par le trip disparaît au fur et à mesure. L’expérience étant intense, certains peuvent sentir le besoin de le retranscrire. Cependant, le sentiment d’exaltation post-trip peut être difficile à retranscrire : La pensée sous LSD est absolument rhizomique, la pensée sobre est linéaire et arborescente. Parler de son expérience vient avec le risque de la réduire et de souffrir l’incompréhension de l’autre.

Poursuite du souvenir
Bien que le dialogue puisse être compliqué avec parler du voyage est intéressant, notamment avec d’autres voyageurs. L’écriture est un bon outil d’intégration. Quelques mots suffisent.

La suite ?
L’intégration est importante et demande du temps. Un minimum d’un mois doit séparer deux voyages. Il est nécessaire d’attendre que la période d’accoutumance se dissipe et que chacun est le temps de digérer le trip c’est pourquoi il faut impérativement laisser une période suffisante.

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Introduction

This is a practical guide to the elements necessary for a smooth LSD journey. This tool is destined to evolve as mapping progresses and aims to best prepare both novice travelers and sitters for an LSD experience.

 

 

 

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Preparation Ahead of Time

Physiological effect of LSD:

LSD is a partial agonist of the 5-HT2A serotonin receptors. By binding to these receptors, it modifies the transmission of nerve impulses in the prefrontal cortex, leading to a reorganization of sensory perception and hyper-connectivity between different brain regions.

LSD does not cause known direct organic lesions or neuronal damage at standard doses. It does not create physical dependence. There is no withdrawal syndrome upon cessation. Psychological dependence is particularly rare due to the intense nature of the experience, which generally does not encourage daily consumption.

The experience generally lasts between 8 and 12 hours and unfolds in several phases:

The come-up (30 to 90 min): Slight visual distortions, euphoria, or emerging anxiety.

The plateau (3 to 5 hours): Profound alteration of the senses (synesthesia and exotic ideasthesia: seeing sounds, having a proprioceptive perception of concepts), modification of the perception of time and space, and often a dissolution of the boundaries of the “self” (ego dissolution and ego death).

The come-down: A gradual return to reality, often accompanied by significant mental fatigue and a need for calm.

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Practical Guide

The Dosage Nothing justifies a first dose over 200µg. At least three journeys should be completed before attempting more. Note that doses are always subject to a margin of error, especially with liquid LSD. It is better to dose less rather than expose oneself to an involuntary heroic dose. LSD can be taken in two ways: Blotters or drops. “Small doses test the mind, large doses test the soul.” – Al Hubbard.

Blotter The blotter is the preferred medium for first-time use; it allows for a gentler come-up (see trip chronology) and therefore a more peaceful assimilation of new perceptual elements.

Liquid LSD in its liquid form allows for a faster come-up (see trip chronology). It should be avoided for first trips. Drops allow for faster exploration at the cost of a “jolt” at the start of the trip. The intensity of the come-up can be an anxiety-inducing factor for beginners.

Food and Hydration Nutrition and hydration before the trip are paramount; you want to avoid discomfort related to hunger or thirst. It is easy to forget these primary needs while traveling.

Rest The journey is a psychologically and physiologically taxing experience. Being well-rested, both through a good night’s sleep and a quiet mind, is important: if significant news has occurred before the journey, it is safer to postpone it.

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Consent Consent is essential. A vaguely consented trip will be a difficult trip. A non-consented trip can be a waking nightmare. LSD does not offer a recreational experience; everyone must be aware of the implications of a trip. This is why a buffer period should be left between the first conversations about LSD and the journey itself.

Traveling Alone While the experience of a solo journey may seem appealing, solo trips are reserved for experienced travelers. The presence of a sitter is necessary to guide novices through their first journeys.

Interaction with the Outside World Good or bad news can wait; in this state, the traveler is not capable of making important decisions. The journey must be framed in a neutral bubble that does not allow the outside world to intervene. This is why it is discouraged to chat with people outside the trip via messages and to make consequential decisions during the trip and for the 48 hours following it. In addition to protecting the traveler, this isolation allows for serene introspection, away from the hubbub of the outside world.

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The Journey

The Loop A central element of the journey is the “Loop.” Loops constitute the major segments of the trip. Each of these segments will consist of an association of sensations, sounds, perceptions of the environment, ideas, and visuals that will be explored from a multiplicity of angles, with or without synesthesia. Loops, although they are wonderful places for exploration, tend to become vicious or “glassy” circles. Ideas merge and tend to have a porosity with visuals: while they are fabulous showcases of our psyche, visiting one’s inner self is sometimes difficult. In this case, refer to the section (Exiting the Storm).

Ariadne’s Thread Ariadne’s threads are the tangible elements that constitute a Loop. A song on repeat allows the traveler to follow a thread and find their bearings within a Loop; a short video on loop can also work (to be explored). These elements allow one to mark the chronology of a loop with tangible factors and thus limit the loss of temporal landmarks.

Anchors Anchors are the elements that bring us back to reality, which for a brief moment whisper the most important lesson: all of this is just a journey, and regardless of the exaltation or dread one may feel, this state is only temporary. For some, anchors allow them to gauge the intensity of the product’s onset. A phone can be a tool for some to evaluate the power of the trip. It is an element that allows one to step back as a spectator of their own journey. This is particularly useful as a sitter if the situation requires more lucidity.

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The Trip Chronology

The Come-up The come-up, as the name suggests, refers to the period during which the product begins to take effect (see dosage). The intensity of the come-up varies depending on the dose and the medium used. It is a critical period of the journey because it tends to shape the trip. Indeed, the need for control and resistance are major causes of difficult trips. One must be ready to welcome the experience serenely. This stage requires letting go and a humble posture. It is advised to let oneself be carried by the waves, however tumultuous they may be.

The Plateau If the previous steps have been respected, it is time to explore. The journey will be divided into Loops as explained above. A change of Loop acts like a rudder (the thing at the back of boats used for steering), (see Exiting the Storm).

The Come-down As the visuals fade, mental clarity persists for a few hours. This is a perfect time to write and put the experience into perspective, whether it was peaceful or turbulent. After 10 to 15 hours, the effects will have completely disappeared.

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Music Music protects and guides. It is often the Ariadne’s thread of a loop, meaning it is often its primary architecture. Changing the music is then often synonymous with change. The traveler can choose to sail toward calmer waters, even if it is good to remember that we have only limited control over the ship.

The Setting The location conditions the visual aspect of the trip. A narrow, enclosed space can reinforce a feeling of claustrophobia, while an airy and bright place can allow for more tranquility for the traveler. Like music, the setting can be changed and should allow travelers to extricate themselves from complex situations.

Temporality Although the feeling of a trip that never ends is common, the sensations during the trip are transient! Visual and auditory hallucinations are only temporary, and you do not get “stuck” in a trip! There are rare cases in which a trip can trigger underlying psychological pathologies, but these cases are extremely rare.

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What Now?

Fatigue As explained above, a trip is exhausting. The following days will be marked by the gradual disappearance of the mental clarity offered by the journey. After such a powerful experience, it is normal to need rest in the days that follow.

Mental Clarity The mental clarity offered by the trip fades over time. As the experience is intense, some may feel the need to transcribe it. However, the post-trip feeling of exaltation can be difficult to put into words: thought under LSD is absolutely rhizomatic, while sober thought is linear and arborescent. Talking about one’s experience comes with the risk of reducing it and suffering from the lack of understanding from others.

Pursuing the Memory Although dialogue can be complicated, talking about the journey is interesting, especially with other travelers. Writing is a good integration tool. A few words are often enough.

What’s Next? Integration is important and takes time. A minimum of one month should separate two journeys. It is necessary to wait for the tolerance period to dissipate and for everyone to have time to digest the trip; this is why it is imperative to leave a sufficient period of time.

To a friend

Pour parler de ce que tu as écrit je vais parler un peu de moi, j’espère que tu me pardonneras. Je crois qu’il est important que j’essaie, plutôt que de formuler ce que je pense, de dire l’endroit où tout cela se touche. Peut-être que l’écho de ce contact dira quelque chose d’aussi intéressant pour toi que cette lecture l’aura été pour moi.

J’écris depuis un moment de tension de ma vie, un instant tendu, vertical et tremblant sur l’endroit de la rencontre d’ellipses, des trajectoires dont la rencontre pourrait tout avoir de l’accident. Erik m’a transmis ton texte après que j’eus trébuché sur les pratiques du corps. J’étais encore en train de tomber. Il fallait déconstruire, profaner, c’est quoi un corps qui pense ? C’est quoi une pensée du corps ? Dans ce que d’autres ont voulu me faire nommer mon travail, j’étais un contre-traducteur, d’une langue à #€-&@ et qui joue des signes à la façon d’un magicien. J’écris magicien en référence à Alan Moore que j’ai mentionné précédemment à Erik, peut-être t’en a-t-il parlé, mais aussi à un entretien filmé que j’ai vu il y a longtemps – un évangéliste ayant perdu sa foi y racontait comment, alors qu’il avait vingt ans, il était chargé d’approcher de jeunes gens un peu perdus pendant le Spring Break californien – il était formé pour reconnaître certains signes – afin de grossir les rangs de son Église. Il approchait des proies et la lumière de Jésus Christ devait leur rendre visible les artifices de la magie dionysiaque, dépouiller la fête de tout sortilège et, dans l’intensité de cette lumière nouvelle et sacrée, leur permettre d’épouser quelque chose de plus grand. Une rencontre, la seule qui compte, capturée sous projecteur. Il sourit à ce moment-là. Et ses cheveux longs, sa barbe, son corps fin et sa peau un peu sombre me font me dire qu’il a la tête de l’emploi. Il sourit et évoque ce moment où les clubs ferment à Londres et ailleurs, et où la lumière soudaine et brute révèle le plastique et le toc aux derniers. La chute a lieu au ralenti. Après avoir pensé sans corps pendant de trop nombreuses années, il fallait faire l’expérience d’un corps qui pense. Mon corps est l’endroit où je fais l’expérience du monde, et si j’en changeais la langue ? Traduit plusieurs fois à moi-même, d’un corps absent à un corps de force, à un corps de joie. Me voilà devant ton texte. J’en termine la lecture alors que je reviens d’une longue nuit fragmentée par la prise d’un cocktail de MDMA et de Kétamine. On y chasse le k-hole, là où les sens se brouillent. Avec elle. Toujours. Il n’y a pas de politique s’il n’y a pas de corps. Ce sont les réorganisations sensorielles, parfois brutales de ces moments-là qui m’appellent, quand la surabondance de sérotonine augmente la neuroplasticité, tordent le monde en synesthésies qui échappent au langage. Un corps techno-augmenté et qui produit une échappée, un bégaiement dans l’expérience qu’il fait du monde. Les sens s’y diluent en de nouveaux systèmes perceptifs tangents, inconnus, sans noms, le temps et l’ego disparaissent, il n’y a plus de pesanteur ou de souvenirs assez solides, et puis on revient. Après la magie, les arbitraires constitutifs du réel sur lequel on ouvre alors les yeux ne peuvent plus tout à fait masquer leurs corps de toc et de plastique. Le retournement est curieux. C’est une chose de penser un corps qui pense, c’est un tout autre monde que d’en embrasser le mouvement, le voyage, et d’en traduire les gestes, les expériences et géométries. Il faut de la lenteur. Je l’ai écrit, c’est une chute au ralenti. Un artefact de cinéma. Il faut de la lenteur pour commencer à voir que c’est finalement de géométries dont il est question. Faire l’expérience de géométries perceptuelles absolument autres pour penser le réel autrement, et en déplacer les apparitions hors des feux du projecteur.

À la lecture de ton texte je n’ai pu m’empêcher d’y voir cette chose-là, et tout le reste y était comme la nécessité de son invocation. Des mots au-delà des mots et dont le sens véritable existe en tension pour et par cette architecture, dans l’obscurité plus que dans les clartés signifiantes. L’afterglow me tenait depuis plusieurs jours, les demi-vies de la MDMA et de la Kétamine sont de quelques heures seulement, les substances n’étaient plus dans mon système. Leurs effets sur mes balances chimiques et hormonales restaient marqués et j’étais toujours aux frontières de cet ailleurs. Je me souviens avoir préparé mes affaires, je devais prendre un train tôt, puis avoir lancé la lecture de la musique qui nous avait accompagnés quelques jours avant ; j’entendais, mais malgré tous mes efforts, je ne pouvais être attentif qu’aux basses et très basses fréquences. Tout ce qui était percussions, ou presque. Le reste n’était qu’un fantôme, une soupe sans importance. J’entendais tout, mais rien ne prenait corps en dehors de ce minuscule champ de fréquences. Les vibrations, les matières, les formes de ces graves avaient gagné en pure intensité tout ce que le reste avait perdu en existence. Cet hyperfocus auditif a bouleversé mon écoute. Ce matin, j’avais les oreilles d’un autre. En quelques heures, j’ai tout essayé. Progressive tech, stoner, death, rap, punk américain, anglais, russe, reggae, slam, rock, rock’n’roll, tout. Et ces mots ne disaient plus rien que des écarts d’hétérochronies et textures dont je n’avais jamais soupçonné l’existence. Je me disais que ce moment avait quelque chose d’un peu absurde, de cyberpunk et de merveilleux. À ce moment-là, je finissais de te lire et toute mon attention était tendue vers l’espace dessiné par les fragments avec lesquels tu composes. Entre eux. Par eux. Je me demandais à quel moment j’avais cessé de lire des mots en série, en phrases, en linéarité, en instants de clarté, à quel moment j’avais commencé à sentir les vibrations et pesanteurs d’une forme déduite, fût-elle immobile, de forces multiples. C’est une chose dont j’avais oublié le pouvoir et que ton écriture a rappelé à moi. Je l’avais oublié un temps, je crois. Ou alors, ce sont les rencontres des pratiques du corps, des trips, la nuit, et de la façon dont tu as écrit ici qui en ont permis ce retour. Le labyrinthe en ligne droite est le pire des labyrinthes.

 

Me voilà à cet endroit du chemin que j’ai choisi de prendre il y-a je ne sais quand. À la croisée de ton manuscrit et de mes pratiques et qui vont continuer leurs courses autours de quelque chose. J’espère que ces quelques réflexions, et qui ne sont que cela, trouveront un écho quelque part chez toi.

 

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To be able to talk about what you wrote, I need to talk a little about myself, forgive the indulgence. It feels more honest to speak from the crack where things touch. I believe it is important that I try to draw that place where it all touch rather than articulate what I think. Maybe, just maybe, that contact will echo and be as interesting for you as reading you was for me. I’m writing from a tension, a vertical and, trembling oscillation in my life. Right where the ellipses meet, where trajectories intersect in a way that could feel entirely accidental. When Erik sent me your book, I already stumbled upon body practices. I was still in the middle of falling, you know? It became necessary to deconstruct, to profane. Strip it down. What about thinking through a body? In motion? Motion as thoughts? In what others wanted me to call my work, I was a counter-translator, from a language to a #€-&@, playing with signs like a magician. I write magician in reference to Alan Moore, whom I mentioned to Erik earlier, maybe he told you about it. I was also referring to a filmed interview I saw long ago: an ex-evangelist, lost his faith, long hair, lean body. He was recounting this story about being twenty, sent to California during Spring Break to save kids on the edge. They trained him to spot signs, signs, looking for preys in order to swell the ranks of his Church. Under the light of Jesus Christ, the Dionysian spell was stripped of its magic so the intensity of the holy new light would allow the lost souls to embrace something grater. A meaning. A meeting, the only one that matters, right there, caught under the spotlight. I remember him smiling at that moment. Long dark hair, beard, hard thin body and slightly dark skin, dude really looked the part. He evoked that moment when the clubs close in London and everywhere in the world. He evoked the sudden, harsh light and how it reveals the plastic and the fake for those who remain. The fall happens in slow motion. Thinking through flesh and bones, after so, so, so many years of disembodied floating thoughts is an ontological shock. What if I changed the language? From an absence to strong grounded weights, to a body made of pure pharmaceutical joy. And so here I am, in front of your writings. I finished reading you as I was coming back from a long, fragmented night, MDMA and Ketamine. There is no politics without bodies. With her. I don’t understand LSD and its symbolic chases where we narrate ourselves in talkative myths. The brutal sensory reorganizations, those moments they are the ones calling my name. When serotonin overload boosts neuroplasticity and twists the world into uncanny synesthesias the language fails to name. An escaping techno-augmented body, a stuttering, in the experience. The senses dilute themselves and new, unknown, unnamed perceptual systems arise. Time and ego dissolve, disappear, there is no more gravity, no more self or memory. And then we’re back. After magic, the constitutive arbitrariness of the waking life which we open our eyes can no longer quite mask their cheap shine. It is quite a journey to embrace this movement, and translate its gestures, experiences, geometries. It takes slowness. I’ve written it before: the fall happens in slow motion. A cinematic artifact. It takes slowness to begin to see that what’s at stake is geometry, experiencing radically through unknown perceptual geometries and shift everything away from the spotlight. Reading you, I couldn’t help but see that, and everything else in it felt like it. The necessity of summoning. Words beyond words, meanings laying in tension for and through the text windings architecture, not clarity. The afterglow had held me for several days. The half-lives of MDMA and Ketamine are just about a few hours, so the substances were no longer in my system. Yet, their effects on my chemical and hormonal balances lingered, and I was still at the edge of that elsewhere. I remember having packed my things, I had an early train. I remember playing the music we’d listened to a few days before. I could hear, but despite all my effort, I could only focus on the low and ultra-low frequencies. Everything percussive, almost exclusively. Everything else, barely a ghost, a meaningless distant soup. The vibrations, the textures, the shapes of those basslines had gained so much in pure intensity, and everything else had lost its substance. That auditory hyperfocus moved my listening in an almost alien world. That very morning, I had something else’s ears. In just a few hours, I tried everything: progressive tech, stoner, death, rap, American punk, British punk, Russian punk, reggae, slam, rock, rock’n’roll, everything. And those words said nothing but discrepancies of heterochronies and textures I had never suspected existed. I told myself that this moment was something absurd, cyberpunk, and marvelous.

At that moment, I already finished reading your book. All my attention was pulled toward the space carved by the fragments you compose with. Between them. Through them. And I wondered: when did I stop reading words in series, in sentences, in linearity, in moments of clarity? When did I start to feel the vibrations and gravities of a deduced form, even if still, from multiple forces. It’s something I had forgotten the power of, and your writing brought it back to me. I had forgotten it for a while, I think. Maybe it was the encounters with bodily practices, the hard trips, the night, and the way you wrote that allowed this long come home. The straight-line labyrinth is the worst kind of labyrinth.

 

And so here I am. At this point on the path. I don’t know when. At the crossroads of your book and my practices which will keep circling around something. I hope these few reflections, and they are only that, will find an echo somewhere in you.

 

LSD

Plus loin, il parle des Yaminahua. Selon eux, ces entités parlent, mais elles parlent un langage tordu-tordant (« language twisting twisting ») qui invite au perspectivisme et à des liages par des correspondances. À peu près rien dans le langage tordu-tordant n’est appelé par son nom habituel. On appelle les jaguars des paniers, les anacondas sont des hamacs et les poissons sont appelés des pécaris. Dans chaque cas, il y un lien obscur mais réel entre les deux termes. Les jaguars sont appelés des paniers parce que certains motifs des paniers sont apparentés à ceux du pelage des jaguars. J’interroge, je gosse, j’avance. La peau et le vêtement peuvent-être envisagés comme des « déictiques » qui produisent des effets de relations. Ils sont interficiels : une interface entre un intérieur et un extérieur, composition cosmique et diplomatie. J’en avais l’idée mais je ne m’en rappelais pas. Pas aussi bien. Pas assez bien. Le LSD perturbe les appareils perceptuels ; ceux de l’expérience et ceux du sujet de l’expérience. Il en montre la nature construite, produite. Là où existent des limites claires entre les éléments constitutifs de l’expérience et son sujet, on dit des corps qu’ils sont fermés : à l’épreuve du monde, le LSD laisse apparaitre des hésitations. Les lignes y deviennent des formes singulières qu’il m’aura fallu longtemps pour sentir. Pour sentir plutôt que pour voir. L’ambigüité et le nocturnal plutôt que la clarté. Pour percevoir une esthétique de la frontière, une matrice du perceptuel, une forme aux bords rendus pulvérulents et qui, plus encore que les contaminations qu’elle autorise, préfigure nos valences émotionnelles et nos idéations. Ma rhétorique, la texture ici, n’est ni linéaire ni aléatoire. Elle est courbe et spiroïde, ovoïde presque. On avance en volute, en fumée. La forme de la blessure ou du deuil. L’approche est à la foi pauvre et luxuriante. Ce n’est pas un stimulant récréatif. On l’utilise pour le rêve, ou pour accompagner l’ivresse de l’exploration. Les lignes brouillées y laissent déborder un ballet d’impressions et de coulures. Le LSD y est discursif. Il y parle au corps et à l’expérience : le visible et la sensation de perspective peuvent y devenir fluidité, proprioception et idéation. Les lignes ne découpent plus, elles ne sont plus linéaires, elles sont symboles, elles ont rapports au flux, appel, vocation, invocation, poudrerie. Sur la peau de Yube on peut trouver tous les dessins possibles, il y en a vingt-cinq, mais chacun de ces dessins est à l’origine d’une multiplicité d’autres, car à la fin, ils appartiennent tous à la même peau du boa. » Quels savoirs savent les savoirs : cela importe. Quels mondes mondent des mondes : cela importe. Quelles histoires disent des histoires : cela importe. « La voie dont on ne peut se moquer n’est pas la vraie voie. » ajoute-il. Ils sont constitués de leur savoir et ils sont les chants. Ce sont des êtres fait de savoir et de chant.

 

*D’après Michael, Patrick Poulain

 

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Further on, he speaks of the Yaminahua. According to them, these entities speak, but they speak a twisted-twisting language (“language twisting twisting”) that invites perspectivism and bindings through correspondences. Almost nothing in this twisted-twisting language is called by its usual name. Jaguars are called baskets; anacondas are hammocks; fish are called peccaries. In each case there is a link, obscure, but real, between the two terms. Jaguars are called baskets because certain basket patterns are akin to the jaguar’s coat. I question, I kid around, I move forward. Skin and clothing can be envisioned as “deictics” that produce relational effects. They are interfacial: an interface between an inside and an outside, cosmic composition and diplomacy. I had the idea, but I did not remember it. Not as well. Not well enough. LSD disturbs the perceptual apparatuses: those of experience and those of the subject of experience. It shows their constructed, produced nature. Where clear limits exist between the constitutive elements of experience and its subject, bodies are said to be closed: under the ordeal of the world, LSD lets hesitations appear. Lines become singular forms that it took me a long time to feel, to feel rather than to see. Ambiguity and the nocturnal rather than clarity. To perceive an aesthetics of the boundary, a matrix of the perceptual, a form whose edges are rendered powdery and which, even more than the contaminations it authorizes, prefigures our emotional valences and our ideations. My rhetoric, my texture here, is neither linear nor random. It is curved and spiroïdal, almost ovoid. We advance in volutes, in smoke, the shape of a wound or of mourning. The approach is at once poor and luxuriant. This is not a recreational stimulant. One uses it for the dream, or to accompany the drunkenness of exploration. Blurred lines let a ballet of impressions and drippings overflow. LSD is discursive. It speaks to the body and to experience: the visible and the sensation of perspective can become fluidity, proprioception, ideation. Lines no longer cut; they are no longer linear; they are symbols, they have a relation to flux, to call, vocation, invocation, powdering. “On Yube’s skin one can find every possible design; there are twenty-five of them, but each of these designs is at the origin of a multiplicity of others, because in the end they all belong to the same skin of the boa.” What knowledges know knowledges: that matters. What worlds world worlds: that matters. What stories tell stories: that matters. “The way of which one cannot make fun is not the true way,” he adds. They are constituted by their knowledge, and they are the chants. They are beings made of knowledge and of chant.

 

It’s a strange place to be in

It’s a strange place to be in, don’t you think ? Even though it’s been a few days, the place was already familiar, but at this time, it was the only thing to do ; in the middle of the hallway, sounds and thought were now one cohesive plasma which whould guide my steps for the next few hours. As my body started twitching I had to re-explore the place. Although I was stuck between the flow of passing energy, past and future, this spectator state was fascinating. I was unable to reach some places but I’m sure it was better that way. Ecosystems of thought were living in those rooms and I would’nt dare to disturb this ever-changing dance. And then it hit me, those thoughts were not foreign at all, in fact they were the most clear miror of myself. In this maelstrom of colors and pattern I was starting to draw the silouhette of what makes them me. I felt a conformtable warthm hover my body, it felt like that same plasma was now giving me a place to rest after this long walk. Unfortunalty I didn’t have the chance to say goodbye, by the time I woke up again, it was gone.

Notes to Jan

It presents itself in a vape (DMT), so I did it this way to have an actionable protocol : three hits, five seconds in, breath out. I couldn’t and didn’t want to do more before I get used to it and that was the best idea I had that day. With just three hits, I got shot. Louder than God’s revolver. I was sitting, looking at the sky hoping to see the stars, fooling myself into thinking it’ll be contemplating, peaceful. The sky immediately went low cartoonish definition, reality drifted into abstraction as I felt myself violently sinking. Eyes closed, I saw things far beyond words, eyes open, the world was a mockery. This seems to be a strong signature LSD doesn’t have : shapes come simpler, low def, cartoons, almost videogames like. That was second one. Second two, I died. LSD brings entropy and the trip is a long negotiation. This was death. Overwhelming. Unequivocal. Shapeless. It wasn’t painful, but I could feel my ego on the verge of complete annihilation with no room to navigate the moment. This became the container of my existence, nothing ever existed before, nothing will ever exist after. I was there and there was this. My brain started to interpret every sensory input as near death and emergency-threat signals ; moving my eyes ? My eyeballs were slowly melting. Breathing ? My flesh was collapsing, shapeless. Moving was a long lost concept. Time ? Forgotten. Memory ? Erased. Interestingly, death as a story was the ultimate refuge. Anything but chaos. To me, this lasted for seconds. Looking at my watch, I was gone for 20 minutes. Weirdly enough, I was gone, and not. An observer strand remained. It was relocated and discontinuous. It wasn’t me or that, yet it was sharper than ever. This is very different yet adjacent to Ketamine ego dissolution or even ego death or LSD ego death. Thinking of ego death as a binarism would be foolish. Time disappeared. “I” disappeared, yet “I” was there in a way I couldn’t describe without reducing the experience to a geometry that we’re familiar with. The ego seems to be the alignment of many parts which can independently fall, entirely or partially and not all need to switch off for the self to die out. The same goes with my k-hole experience and the China train. I was experiencing a full k-hole and, yet, still talking. This kind of experience adds another dimension to the whole consciousness and memory-self phenomenology.

When I finally came back, it took me minutes to accept I wasn’t dead and reincarnated. Birds of a Feather, the Billie Eilish version, was playing on an old TV. The death experience is so intense, it surprises me to realize I’m alive. People say there’s something beyond that wall as more DMT forces the brain to generate, something ? With LSD, this happens through a 10-15h discussion between chaos and mirrors. The intensity of the acid trip builds up a noetic dimension that is dose dependent: small doses test the mind, large doses test the soul. This is exactly what I’m chasing ; Stripped away from all the top-down priors and constructs, what else is there ?