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LSD à 200ug, notes

26/09/2025

Pour penser ailleurs, il faut s'abîmer et le pas de côté coûte. Il est difficile parce qu’il appelle une certaine idée de la solitude, celle qui dit l'étrangeté, l'inquiétude, fût-ce dans les soubresauts et les saccades du rire. Il est difficile parce que tous ces pas de côté forment avant longtemps une danse et, sans bruits, nous voilà déjà si loin. Le danseur demandera vite si ça valait le coups, l'amour de la danse, la joie du passage. C'est à cet endroit que se tiennent les altérités dont je parle. Mon corps était assis sur le bord de la route, juste devant un tout petit arbre qui me coupait le paysage en deux exactement par le milieu. Il était si proche que j'en distinguait tous les reliefs de son écorce presque noire. Sur elle, juste devant mes yeux, deux points tourbillonnaient une valse hésitante chargée d’amour et de mélancolies. Ils dansaient juste là, juste là où l'on n'aime jamais que le frisson d'être aimé. Et si leurs mains se touchent, me suis-je dis, ce n’est que pour empoigner la danse. Les sinuosités tragiques de cette solitude traçaient sur l’écorce et dans l’air les visages de ceux que moi, un jour, j’avais peut-être aimé et ces fantômes murmuraient mon histoire, mes échecs et mes peurs. D’une certaine manière, devant cette valse hallucinée, je dansais aussi. J’écoutais. Alors que je posais les yeux sur quelque chose au-delà des danseurs, de la danse, de l’arbre et des murmures cette chose levait lentement les yeux sur moi. Ceux qui ont été jusque-là savent de quoi je parle, ils savent le sacré et le terrible de ce distillat qui déshabille de tout. Ils savent cette pure intention qui attend, tout à la fin, et ils en savent la violence quand le mensonge est impossible. Je savais que celui qui se lèverai et quitterai l'arbre ne serait pas celui qui s'est approché et qui s'est assis.


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