Trip 4 - Notes 2
21/01/2026
Elle entre et parle Allemand au téléphone qu’elle tient dans la main. L’un de nous, nous somme trois, nous l’appellerons T. T, entendant l’Allemand et son arrivée à elle mime un salut Nazi. Non pas qu’il partage les convictions délétères des extrêmes droites et de leurs lignes de morts, mais parce qu’elle parle Allemand à ce moment-là. Tout simplement. Et, aussi sans doute, parce qu’elle fait preuve d’une autorité souvent tournée en dérision de façon un peu potache. Nous, nous sommes à T+6h. Le plateau. Elle, elle est normale, et revient de son école. T nous regarde soudain, hésite, puis nous le dis dans un élan d’honnêteté et avec la candeur qui le caractérise ; il se sent coupable, il se sent un drogué. Je me rends compte du coût des radicalités alors qu’un silence tombe sur la pièce. Les pratiques et expériences marginales portent plus encore que les atours des contre cultures, le stigmate des contre valeurs. J’essaie de parler, et je m’étouffe sur mes mots, je suis terrifié à l’idée de ne pas avoir été honnête - le cout politique est toujours collectif, suis-je bien juste ? Et puis, moi aussi, je me suis senti coupable, de quoi ? Pourquoi ? Jusqu’à quels endroits de moi-même la culture dominante s’est-elle infiltrée pour que je doute encore, comme lui, comme eux ? Ou alors, le doute a-t-il d’autres endroits ?