Valence émotionnelle
30/04/2026
L’une des premières choses que rend visible l’usage de psychédéliques est l’extrême prégnance de la valence émotionnelle. Le terme est ici employé au sens large, j’y inclus la ketamine. Il suffit de traverser quelques jours de déréalisation, dans mon cas, par exemple après une rave suivie d’un soir alourdi de doses massives pour entendre les mêmes musiques que j’aime et dont, soudain, la matière des sons change pour une chose difficile et creuse, étouffée, des sons qui soustraient au réel plutôt que d’y ajouter quoi que ce soit. Le réel tout entier y semble mentir. Il m’aura suffi d’une prise de N,N-DMT un soir d’anxieté et de culpabilité pour entendre exactement les mêmes musiques mais dont la matière des sons se faisait dure et métallique. Quelque chose change, et pourtant rien n’a changé. Ces phénomènes, une fois rendus visibles sous psychédéliques, sont bien plus simples non seulement à identifier. Non pas pour y contrôler, y résister ou y laisser aller mais pour y accueillir, à la façon de qui, sur une planche fragile, se fait un savoir et un corps qui sait accueillir les vagues les plus terribles pour en faire tout autre chose.